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Souvenir pour certains, découverte pour d'autres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Administrator   
05-10-2010

Anthony Diao, licencié au club depuis 1 ans, a couvert les championnats du Monde 2010 à Tokyo avec son équipe de la revue "L'Esprit Du Judo". Lors de cet évènement, il a pris un peu de son temps pour nous concocter un petit article sur un moment vécu là-bas, à près de 10000 km.

A savourer.

Un soir au Kodokan

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Mardi 7 septembre 2010, 17 h 30. Sortie de la station de métro Kasuga, à Tokyo. Dans trente minutes débute l’entraînement au Kodokan. Nous sommes à deux jours du début des championnats du monde, aussi est-il normal de croiser diverses délégations étrangères. Elles se sont entraînées sur des créneaux horaires spécifiques dans l’après-midi, et regagnent prestement leur hôtel climatisé. Rincées, car il fait chaud et moite, c’en est presque violent. 34° C, c’est une chose. Avec ce taux d’humidité-là, c’est un sauna à ciel ouvert. Parole, après quelques entrainements ici, rares seront les athlètes à peiner pour être au poids.

Je pénètre dans le saint des saints en compagnie d’Emmanuel Charlot et Olivier Rémy, mes collègues de L’Esprit du judo, et Morgan Maury, un confrère de RMC. L’entraînement a lieu au septième étage. Seul Olivier n’y prendra pas part. C’est lui qui se dévoue pour grimper au huitième et prendre depuis les gradins des photos de la séance, sait-on jamais.

Après nous être délestés de quelques 800 yens (= 7 euros) chacun à la réception du quatrième étage, nous sommes conduits au vestiaire. Casiers à codes, balance, parquet luisant, pourvu que nos judogis de voyageurs ne soient pas trop froissés ! Nous faisons la connaissance d’un groupe de Portugais, en vadrouille depuis quelques semaines dans le pays. Leur prof est abonné au magazine, c’est marrant.

Arrivés au septième, nous découvrons le fameux dojo. Un immense tapis divisé en quatre surfaces. Au fond, un groupe s’échauffe sous la houlette d’un professeur. Il n’est pas encore 18 heures. L’entraînement aurait-il déjà commencé ? Etonnant, au pays de la ponctualité. En fait il s’agit d’un autre cours. Ce n’est pas le professeur qui nous l’expliquera – il ne parle pas anglais -, mais un judoka. Un Américain d’une quarantaine d’années, habité par la ferveur du converti. Il nous expliquera au passage un point clé : ne jamais tourner le dos à la photo de Jigoro Kano, et saluer en prenant soin de placer la personne la plus gradée à droite du professeur Kano.

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Petit à petit, les judokas arrivent. Tacitement ou non, les Japonais se tiennent sur la gauche du tapis, les étrangers à droite, et les spectateurs sont dans les gradins – c’est de là qu’Olivier nous annoncera le forfait de Morgane Ribout. Bientôt, nous comprenons qu’en raison de la proximité avec les championnats du monde, l’affluence sera réduite ce soir, et tiendra davantage de l’auto-gestion que du cours encadré. Qu’à cela ne tienne ! Je m’échauffe avec Paco Legrand, le frère aîné d’Ugo, que j’ai reconnu au nom brodé sur sa ceinture. Puis les randoris débutent. Comme je n’ai pas pratiqué depuis les Zones, j’y vais progressivement. D’abord avec un quinquagénaire anglais très affûté, puis avec Maurizio, un quadragénaire italien bien compact.

Au bout d’une demi-douzaine de randoris entre "étrangers", je décide de franchir le pas et d’inviter des Japonais. Ceux-ci acceptent volontiers. Les randoris sont engagés mais courtois. Le kumikata posé, les attaques sont franches et directes – à l’instar de ce sensei qui ira au bout de son engagement malgré un genou visiblement douloureux. O-uchi en cercle, balayages dans le temps, uchi-mata sukashi : en face c’est ferme mais jamais bourrin. Un régal. Je me surprends à beaucoup projeter, malgré le décalage horaire et la moiteur. Régulièrement, je vais boire au lavabo. Pour accéder aux toilettes, les hôtes ont disposé des sandales histoire de garantir l’hygiène des pieds des pratiquants. Pointure 38, OK, mais c’est l’intention qui compte.

Un seul combattant refusera. C’est un ado d’une douzaine d’années, ceinture blanche. Il est arrivé avec ses camarades en fin de séance, et semble estomaqué qu’une ceinture noire, a fortiori étrangère, le salue pour l’inviter. Perso, j’aime varier les partenaires. N’est-ce pas là un bon moyen d’assouplir sa pratique ? Malgré les encouragements de ses camarades, il persistera dans son refus. Tant pis, je n’avais pas l’intention de faire shiaï mais peut-être n’était-ce pas écrit sur mon front luisant…

La séance se termine donc après deux ultimes randoris. Le premier est avec un – 100 japonais que j’ai déjà pris. Il veut sa revanche et y va gaiement mais je ne me laisse pas faire. Le second est avec un sensei de – 60 kg, qui m’invite toutes affaires cessantes et y va franco sur les morote et les sutemis. C’est un vrai plaisir et c’est presque à regret qu’il nous faut quitter le tapis, à 20 heures précises. Vivement que je rattaque la saison avec le Dojo Gessien…

Une douche et un bain chaud plus tard, nous voici dehors, non sans avoir dû partager l’ascenseur avec l’équipe géorgienne, Irakli Tsirekidze en tête. Les championnats du monde sont dans 36 heures à présent. Nous sommes dans le bain, fins prêts pour les couvrir.

 

Anthony Diao

 

NB : L’Esprit du judo n°28 spécial championnats du monde sera en kiosques le 7 octobre.

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Dernière mise à jour : ( 12-08-2012 )
 
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